Election présidentielle - Bouri Sanhouidi reste serein.
Bouri Sanhouidi, représentant-résident du Programe des Nations-Unies pour le Développement (Pnud), ne perçoit aucune prémisse conflictuelle à Madagascar.
 
Marc Ravalomanana (à g.) se concerte avec Bouri Sanhouidi.
Les clignotants restent au vert. A entendre Bouri Sanhouidi, coordonnateur du système des Nations unies, aucun risque de conflit n'est à craindre dans la Grande île. Et ce, malgré l'agitation de l'opposition pour faire adopter quelques “préalables», avant la tenue des élections présidentielles.
“Aucun signe avant-coureur d'un quelconque conflit, qui nécessiterait l'intervention du conseil de sécurité des Nations unies à Madagascar”, insiste le représentant-résident du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). “Ce constat restera valable tant que le système démocratique est en marche, tant que chaque entité composant la Nation peut encore s'exprimer librement”, ajoute-t-il.
Sa déclaration complète l'intervention qu'il a faite, la semaine dernière, concernant la mission onusienne dans le maintien de la paix. Elle répond notamment à la question de Jacky Rahaingo, directeur général de la Police nationale, sur les “degrés d'intervention des Nations unies dans les conflits internes”.

Absence de crise.
Dans ses propos, le coordonnateur du système des Nations unies se réfère au “dialogue” initié par le pouvoir, et refuse la qualification de médiation donnée à la visite officielle de Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, en mars 2006. “Il n'a fait qu'encourager le dialogue pour créer un climat propice à la tenue des élections présidentielles, précise-t-il. Ce, pour éviter toute contestation après la consultation populaire ".
Sa position rejoint, en substance, celle d'Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Ce dernier a affirmé ne déceler “aucun indice ni clignotant, venant du système d'alerte de l'OIF, permettant de conclure à l'imminence d'une situation de crise”. Une constatation, certes, faite en 2005, mais que semble encore partager la communauté internationale.
Cette perception partagée de la situation politique à Madagascar apporte de l'eau au moulin du gouvernement. “Il n'y pas de crise ici”, a certifié le président Marc Ravalomanana à l'issue d'un conseil des ministres à Ambohitsorohitra. “Les gens n'arrivent pas à comprendre pourquoi l'opposition réclame encore une transition”,
a-t-il rapporté après son voyage new-yorkais en 2005.
Cependant, ni l'intervention de Bouri Sanhouidi ni l'assertion d'Abdou Diouf ne peuvent occulter d'autres positions, plutôt pessimistes, sur la situation politique. Le parti prolétarien MFM a prévenu contre une éventuelle crise interne, lors de la réunion de son comité directeur.
Manandafy Rakotonirina a évoqué, à l'occasion, “la présence de tous les ingrédients pouvant servir d'étincelle pour mettre le feu aux poudres et provoquer la guerre civile”. Le président du MFM a même soulevé, il y a quelques mois, la possibilité d'une intervention du conseil de sécurité à Madagascar, le cas échéant.
Plus radicale, les membres de l'opposition n'excluent pas des “troubles éventuels si la situation ne s'améliorer pas,” selon l'ancien président Albert Zafy. “Il faut assainir l'ambiance politique avant les scrutins”, a renchéri le pasteur Richard Andriamanjato, se référant à quelques “préalables” comme la révision du code électoral ou encore l'amnistie.
  Iloniaina Alain

Express de Madagascar -01-08-2006