Loi d’amnistie et réconciliation nationale
Manandafy persiste et signe

      Manandafy, intraitable. Invité de la chaîne privée TV Plus, le conseiller spécial du président de la République Manandafy Rakotonirina a réitéré, pour la énième fois, la nécessité de la loi d’amnistie ainsi que la garantie de la part des deux protagonistes de la crise 2002 d’une paix sociale.
    Au cours de sa prestation, le leader du MFM a invité l’actuel chef de l’Etat Ravalomanana Marc de mettre fin aux arrestations des partisans de l’ancien régime, de rassurer les «exilés» que s’ils rentrent ils ne seront nullement inquiétés parce qu’ils auront choisi le camp adverse. De son côté, Didier Ratsiraka de déclarer d’une manière officielle de renoncer le recours à une guerre civile et de rassurer également les gouvernants et les partisans de Ravalomanana qu’il ne fomentera pas des troubles et ne menacera en aucune façon le régime.
    Aux yeux du patron des Mafana, au-delà de l’amnistie qui est déjà en cours d’examen, l’unique voie pour le retour à la normale de la vie socio-politique à Madagascar est ce geste que devraient effectuer solennelement les deux protagonistes, le président Marc Ravalomanana et Dider Ratsiraka.
    Apparemment, la tension politique a monté de plusieurs crans depuis quelques semaines et l’opposition ne cesse de réclamer la mise en place d’un gouvernement de transition avant la fin de l’année. En face, les gens du régime ont complètement ignoré les revendications des membres de l’opposition regroupés au sein des 3FN. Pour l’instant, les deux parties campent sur leur position en échangeant des propos vexatoires. Aucun dialogue n’a été engagé pour trouver un terrain d’entente. L’absence d’un corps arbitral ou d’un négociateur a aggravé la situation, surtout après la décision du FFKM ou le Conseil de la fédération des Eglises chrétiennes malgaches de choisir son camp. L’opposition continue son offensive en organisant des meetings dans les grands centres urbains alors que les hauts dignitaires du régime ont mené des campagnes de dénigrement contre ses membres ainsi que certains organes de presse.

    Pierrot Rajaonarivelo...innocent

    Abordant la crise 2002, le conseiller spécial de Ravalomanana n’a pas hésité d’un iota, lors de son intervention dans cette station privée que “ «Pierrot Rajaonarivelo n’a rien à voir avec la crise de 2002». Dans cette même lancée, l’hôte de notre consœur de la TV Plus a pointé du doigt Didier Ratsiraka et son Premier ministre Tantely Andrianarivo, comme étant les premiers responsables de la dilapidation de l’argent public. Une manière de dire que le vice-Premier ministre chargé des Finances et du budget, Pierrot Rajaonarivelo est totalement innocent dans cette affaire.
    Pour ce proche de Ravalomanana, la condamnation du secrétaire national de l’Arema n’a aucun fondement. Il s’agit en fait, d’un procès purement politique. Visiblement, Manandafy Rakotonirina n’est plus écouté par son patron, contrairement aux conseillers «vazaha». A preuve, répondant à la question du journaliste, il a affirmé qu’il a déjà tout dit au président de la République. Où va ce pays ?

Alphonse M

Madagascar Tribune 18/10/05 -