Questions à.... Randriamahaleo William Administrateur à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps), membre du bureau national du syndicat Tolon'ny mpiasa (TM) et de la Conférence des travailleurs malgaches (CTM).

Comment trouvez-vous la récente hausse du SMIG?


Je tiens, d'abord à rappeler qu'il y a déjà eu une hausse au mois d'avril. A l'époque, le SMIG s'élèvait à 230 000 Fmg. A l'issue d'une rencontre entre employés et employeurs au mois d'août, les deux parties se sont mis d'accord pour relever le SMIG à 253 000 Fmg. On enregistre donc une hausse de 23 000 Fmg. Force est de constater que cette hausse n'est pas encore suffisante, vu l'inflation actuelle.


Y a-t-il désaccord entre les employeurs et les syndicats des travailleurs sur cette question?


Non, les relations entre ces deux parties sont au beau fixe. En effet, syndicats et employeurs ont signé, en 2000, une convention selon laquelle ils doivent se plier à la gestion négociée du monde du travail. Pour être précis, cela veut dire que les deux parties effectuent, à chaque fois, une concertation avant de décider quoi que ce soit.
Cependant, je tiens à souligner que cette gestion négociée n'est valable que dans le privé. Dans le secteur public, on ne l'applique pas, si bien que l'on fait des revendications qui peuvent avoir des impacts négatifs.


Il n'y aura donc plus de revendications dans les rues?


Effectivement, c'est le principal objectif à atteindre pour la mise en eouvre de la gestion négociée. Pour nous, la meilleure façon d'aboutir à de bons résultats est la négociation entre les syndicats et les employeurs.


A combien de francs doit s'élever le SMIG?


Notre dernière revendication fait état de 250 000 Fmg. Ce montant est atteint actuellement, sauf que le calcul du taux d'inflation n'y est pas encore intégré. C'est l'objectif que les syndicats et les employeurs se sont fixés pour le début de l'année prochaine. Au mois de novembre, une concertation se tiendra et ce sera l'occasion d'étudier la faisabilité de ce projet.


Beaucoup de retraités se plaignent du paiement de leur pension par trimestre. Qu'en est-il exactement?


A la Cnaps, on applique le système contributif. Ce qui implique que la pension est évaluée selon la cotisation de l'employé et de son employeur. Je rappelle que la Cnaps n'oeuvre pas dans le domaine de la bienfaisance, mais plutôt de la prévoyance sociale comme son nom l'indique.


Est-ce qu'il serait possible d'entreprendre un paiement mensuel?


Le paiement mensuel ne présente aucun intérêt pour les pensionnaires. Déjà le montant de leur pension est dérisoire, si on le divise par trois, il se réduit à la portion congrue. Par ailleurs, ce paiement mensuel va certainement générer d'autres dépenses au sein de la Cnaps. Par exemple, il y aura augmentation des frais de fonctionnement et de fournitures. En somme, c'est de la perte pour la CNAPS.

Propos recueillis par
Andry Drouot

Express de Madagascar 06/10/04