Seramila Beza sur les régions

Les ressources financières, indispensables !

Dimanche dernier dans l'émission "Savaravina" de la RNM, Seramila Beza, n'a pu s'empêcher d'évoquer les raisons du soutien du MFM lors des dernières présidentielles. Croyant en la volonté exprimée par le candidat d'alors, Marc Ravalomanana, de mettre en œuvre la région et de développer le pays en promouvant les petits opérateurs installés dans les régions et dans les fivondronana pour qu'ils deviennent grands, Seramila Beza tout comme les autres cadres MFM a toutefois attiré l'attention sur les carences ou les failles qui peuvent empêcher d'atteindre ces objectifs. Il a notamment fait remarquer que le Fonds d'investissement pour le développement économique et social ou FIDES de l'époque coloniale, conçu pour le développement des démembrements de l'administration a été amélioré par le président Tsiranana. Ainsi un Comité technique régional pour le développement (CTRD) composé de sénateurs, députés, maires et autres conseillers a été mis sur pied afin de délibérer des actions à entreprendre en faveur des régions dont les financements ont été assurés par le budget provincial. Cette structure de développement des régions a été à l'origine des infrastructures urbaines de nos fivondronana d'aujourd'hui. Malheureusement, a-t-il déploré, le gouvernement Ramanantsoa, par ordonnance n°73/015 a abrogé aussi bien le CTRD que le budget provincial ; instaurant par la suite la centralisation à outrance. Les provinces, les sous-préfectures et sous-préfectures, voire les communes et les collectivités ont été dépouillées de leurs biens (syndicat des communes et engins des Ponts et Chaussées et des Travaux publics) et de leurs ressources. Malgré le "vondrom-bahoaka itsinjaram-pahefana" ou collectivités décentralisées de la IIè République, aucun transfert des ressources pour promouvoir ces collectivités n'a été mis en œuvre. Seramila Beza avoue toutefois qu'un essai dans ce sens a été initié vers la fin de la IIè République et puis plus rien. Des subventions de 30 millions par commune ou firaisana ont été accordées aux collectivités. Aux fivondronana, il a été accordé quelque 406 millions Fmg.
    Sans manquer de rappeler qu'il a vu construire dans sa jeunesse les premiers piliers d'un pont qui enjambe une rivière sur la route reliant Sambava à Antalaha - cela remonte aux tout début des années 70, et qu'il n'y a plus rien eu depuis jusqu'à ces derniers mois, il admet que la route est primordiale pour le développement des régions. Et il cite la route Vohémar - Ambilobe ou encore la portion de la RN6 des environs de Mampikony.
    En tout cas, Beza insiste sur le caractère impérieux des transferts de ressources, en particulier financières car en dépit de leurs compétences, ni le chef de région, ni ses proches collaborateurs, personne ne peut mettre en œuvre le plan de développement sans les nerfs de la guerre pour ce faire, c'est-à-dire, l'argent.

madagascar tribune 14/09/04 - Recueillis par RAW