Bonjour lahaly,
Depuis le moment où on en rêvait, où on en parlait d'une possible publication. Tout vient à son heure à qui sait attendre. Chiche alors ! Pas de problème pour Alain et Fara Pierre-Bernard.
    Cordialement,
        Mamy

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Bonjour à tous

Avant d'en revenir au débat, au thème renouvelé du "alors, que faire ?"introduit par Brice, je propose, avec leur accord, d'introniser Alain et Fara Pierre-Bernard, tous deux économistes, je crois, gravitant du moins dans les sphères socio-éco du pays, et consultants, à l'occasion, d'instances financières internationales. S'il n'y a pas opposition, je les préviens. Cela rééquilibrerait, peut-être, la discussion avec du sang neuf intérieur, la difficulté étant de coller aux réalités politiques, économiques, culturelles et sociales du moment, afin d'éviter de causerdans le vide. Le mal social malgache est sans doute très profond, plus qu'on ne le pense, et il ne suffira pas d'un bim-bam-boum pour remettre les pendules à l'heure. Il y a un énorme ménage à faire, et ça ne pourra que faire mal.

Toujours à propos du forum, je reviens à cette idée un moment envisagée de publier nos échanges dans "L'Express". Le "Grand Débat pour le XXIe siècle" de Rochel et Jeannine n'ayant finalement pas tenue la distance - l'année 1999 -, aucun écho positif n'étant venu à mes oreilles, le champ et la place sont donc disponibles pour lancer quelques électrons libres... Je rappelle que les conversations se feraient sous un prénom ou des initiales assurant l'anonymat, pour ceux qui le souhaitent.

J'attends les réactions, les propositions. Une expérience a tenter, je ne garantis pas qu'elle puisse être tolérée. Il est indispensable que chacun conserve son style, son franc-parler, sa spontanéité. J'y vois un avantage,  mais il y en a peut-être d'autres, celui de titiller, de stimuler la classe politique et pensante locale, assoupie dans ses petits privilèges et son confort mesquin.
L'arrivée de Brice a donc réintroduit la notion d'avenir. Son "du passé, faisons table-rase" est bien sympathique, on nous l'a déjà servi, l'amiral en particulier pour y revenir toutes voiles dehors, la question se pose donc de savoir avec qui, avec quoi et sur quelles bases morales, car tout est là, on devrait se positionner pour demain.
Comme il me semble impossible, du jour au lendemain, de satisfaire toutes les catégories sociales et partant du principe que celles qui s'agitent ne sont jamais les plus défavorisées, il me semblerait intéressant de développer une injustice sociale délibérée, parfaitement expliquée, gratifiant les agents de l'Etat indispensables - éducation, santé, contribution directe, magistrats, forces de maintien de l'ordre - de salaires très conséquents, afin de remettre le sens du service public à l'ordre du jour.

Il est, en effet, indispensable d'inventorier les obstacles, de savoir pourquoi le pays s'enfonce avant de proposer quoi que ce soit. Il est clair que depuis l'arrivée de Ratsiraka au pouvoir, il n'y a plus de courage, physique et moral, indisociable de la fonction. Et sans courage, il n'y a plus d'autorité. Ratsiraka aura passé 30 ans reclus dans son palais, sans jamais avoir arpenter les trottoirs de la capitale, sans
jamais être sorti de son trou, ne serait-ce que pour aller au restau, au spectacle etc... On ne peut pas admettre qu'un chef d'Etat n'ait pas un minimum de courage physique, descende sur le terrain en cas de besoin. Je crains que les dauphins en puissance n'aient pas plus que lui ce courage indispensable... On ne gouverne pas sereinement et avec efficacité la peur au ventre, en voyant des Ravaillac dans tous les coins de rues ou de couloirs, à moins d'avoir quelques vilenies sur la conscience.
Pas plus de courage moral, mais au contraire une complaisance généralisée, une impunité assurée pour tous les petits trafics, afin sans doute de s'autoriser à de plus grands ? C'est d'un chef, un vrai, que manque le pays.

Christian

PS qui n'a rien à voir... réponse tardive à Paul. Donc, 16/17 ans en première en 72 ? Simple curiosité pour apprécier la force de l'engagement politique. Pour cette génération, il est clair qu'il n'y avait pas d'autre choix possible : c'est dans la rue qu'il fallait être, même si le nombre de déjà nantis qui manifestaient faisait douter de l'issue voulue, espérée, souhaitée du mouvement... Gauchistes et bourgeois manifestant au coude à coude, contre la présence française : il était clair que les couillonnés de l'affaire ne seraient pas les seconds !

Christian Chadefaux
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