Commémoration de la journée du 28 mars 2002 : Pety Rakotoniaina défie l'administration
Malgré l'accord établi entre les membres du MFM Benjamin Raharison et Ralay la veille, renforcé dans la matinée même de la journée du 26 avec le général Randrianarivo Ravelomanga, selon lequel il ne se produira qu'une seule cérémonie de dépôt de gerbes effectuée ensemble entre les représentants de l'Etat et M. Pety Rakotoniaina, et que le protocole sera respecté, le Pds sortant passa outre à cette convention en organisant une manifestation parallèle, à sa manière et à sa façon sur la place du Magro.

Du jamais vu. Imaginez deux podiums, l'un plus grand dressé par la commune urbaine pour les officiels et l'autre sous forme d'estrade mais au même niveau que le premier et en modèle réduit accolé avec comme garniture le drapeau national, boudé par Pety Rakotoniaina qui a refusé de s'installer à la tribune à lui réservée, l'estrade devant être occupée par les victimes de l'association Vavolombelon'ny Tolona (Vato). Imaginez également deux sonorisations, celle de Pety Rakotoniaina plus puissante (???) que son homologue. Ensuite deux programmes différents, celui officiel de l'administration du général Pds et celui de Pety Rakotoniaina (distribué aux membres de la presse en provenance d'Antananarivo) où figurait une projection de film intitulé Tsiahy Tolona 2002 pour 18 heures. Enfin, imaginez deux orateurs. Le ministre de l'Intérieur Jean Seth Rambeloalijaona hué et sifflé par les sympathisants de l'ex-Pds, qui a continué imperturbable son intervention pour remettre aux familles des victimes la somme de 5.300.000 Fmg malgré les sabotages au niveau de la sonorisation, d'un côté. De l'autre Pety Rakotoniaina vivement applaudi par les mêmes personnes qui profitait allègrement de la situation de monopole après le départ des membres du gouvernement, de l'Assemblée nationale et de la délégation spéciale, pour déverser sur l'assistance ce qu'il avait sur le cœur. C'était la scène présentée au public venu nombreux pour la commémoration. Un spectacle de défi, d'insoumission à l'ordre établi qui montrait finalement la face invisible de l'iceberg. Déjà, les faits qu'il occupait (de force nous fait-on savoir) une place qui ne lui était pas destinée et qu'il ne s'est pas empêché de prendre la parole avant l'arrivée des autorités, signalant que personne ne pourra lui empêcher de parler (tsy azo tampenambava ny olona), sont autant de signes qui démontrent qu'il ne pourra plus faire marche arrière et revenir sur une position de consensus qui lui éviterait peut-être d'accélérer un évènement : "l'effet boomerang auquel il ne s'attendra pas et dont il ne pourra pas mesurer l'ampleur", nous disait le ministre de l'Intérieur après cet incident. Et le général Pds Randrianarivo Ravelomanga d'enfoncer le clou en précisant : "avec les séries de bavures qu'il accumule, M. Pety Rakotoniaina se disqualifie lui-même. C'était un moment de recueillement mais il en a profité pour montrer une particularité qui est loin de valoir les caractéristiques propres aux hommes d'Etat. Ce qu'il venait de faire en tout cas est un échec et nous comptons comptabiliser cet état dans nos acquis positifs". Le préfet de région de la haute Matsiatra également interrogé, a été clair : "Nous savions que c'était de la provocation et nous avions évité d'y entrer tout en évitant un engagement dans des polémiques inutiles". De ces déclarations, on sent apparaître des décisions qui devraient mettre définitivement un terme aux fougueux écarts du politicien. A signaler qu'il a bravé l'interdiction du général Pds concernant la projection du film sur la population fianaroise dans les mouvements de 2002.

Enfin Ralesy s'est rendu auprès du Pds hier, à 17 h 30, pour lui présenter ses excuses quant au dérapage provoqué par le nom respect du programme établi.:

 

Victor Otonia

 

Express de mcar