Election présidentielle : Il y a 17 ans, le 12 mars 1989

L’histoire de la deuxième République de Madagascar est fortement marquée par l’élection présidentielle de 12 mars 1989. A cette époque, le socialiste Didier Ratsiraka, président en exercice, brigue un troisième mandat, alors que le pays se trouvait dans la contrainte de virer dans le libéralisme économique.

Politique d’ajustement structurel (PAS) oblige !
En clair s’est tenue le 12 mars 1989, une élection présidentielle avec comme candidats Didier Ratsiraka (président en exercice et patron de l’Arema), Manandafy Rakotonirina (membre du CSR de l’époque et président du Mfm), Monja Jaona (membre du CSR et patron du Monima) et Marojama Razanabahiny (membre du CSR et président du Vonjy Iray tsy Mivaky).

 
Les résultats officiels ont donné une victoire au premier tour en faveur de l’Amiral Didier Ratsiraka brandissant 62 % des suffrages exprimés, contre  20 % pour le candidat soutenu de l’opinion, Manandafy Rakotonirina. Malgré les différentes protestations, dont celle du comité national d’observation des élections qu’est le Cnoe mis sur pied il y quelques mois de cela, ce résultat en faveur d’un troisième septennat de Didier Ratsiraka a été contestable. Dès fin mars 1989, le CNOE a proposé la révision des listes électorales avant les élections législatives et surtout la modification du corps électoral.
 
Quoi qu’il en soit, la suite des présidentielles de 12 mars 1989 a provoqué un changement, pour ne pas dire le début d’une contestation auprès de la population malgache. L’opinion a su que le régime de l’époque a eu recours à différentes flagrantes irrégularités.
 
Par exemple on a laissé entendre à l’époque, aux citoyens que le CSR Manandafy Rakotonirina disposait d’une villa sise à Ivato. Pourtant ce n’est qu’un domicile de fonction des hautes personnalités de l’Etat, actuellement occupé par le ministre de la Population, de la Protection sociale et des Loisirs.
 
Modeste, Manandafy Rakotonirina se contente (ndlr : mais est-ce qu’il n’est pas un Conseiller spécial du président Marc Ravalomanana ?) aujourd’hui d’habiter dans un simple logement de Professeur d’université, à la cité d’Ampefiloha.
 
Il importe de signaler que juste après la proclamation des résultats officiels des présidentielles du 12 mars 1989, fortement contestés par la classe politique, se mobilise un mouvement contre le régime de Didier Ratsiraka.
 
Et on se souvient que le troisième mandat de celui-ci s’est terminé… par la Convention de 31 octobre 1991. M. Ratsiraka n’a pas ainsi réussi son mandat faute de compréhension du mouvement populaire. Une expérience à tenir compte dans la succession de direction d’Etat dans ce pays !

James R   

Gdi 13-03-2006