En mutation «politique» ?

Certes, il n'y a aucune restriction légale dans les moyens de déplacement utilisés pour les propagandes mais l'usage d'hélicoptères pour des élections de proximité telles les maires et les conseillers détonnent. Ce n'est certes pas la seule remarque faites par Manandafy Rakotonirina et par le MFM qu'il dirige, quand il s'agit de réagir par rapport à un scrutin. Il faut dire que depuis l'entrée de la "campagne de propagande à l'américaine" dans les mœurs, les moyens matériels de persuasion sont devenus déterminants dans l'issue d'un scrutin pour un parti. Le Leader Fanilo, le MFM, le RPSD (ancien ou nouveau), le Grad Iloafo, l'Undd et l'AKFM en savent quelque chose. C'est fort de ce constat que l'opinion déclare que le Leader Fanilo, le RPSD Vaovao et le MFM peuvent dans une certaine mesure se féliciter d'avoir tenu tête et obtenu des voix pour siéger à la tête de mairies aussi importantes que Sainte Marie, ou Ambositra par exemple, ou Fianarantsoa, ou Maintirano. On croit savoir que le Leader Fanilo a engrangé près de 80 mairies. Evidemment et quantitativement, c'est un recul par rapport aux 300 maires et plus lors du mandat précédent mais étant donné les raz-de-marée en faveur de Marc Ravalomanana et l'esprit prédominant encore dualiste, cette "résistance" des partis est prometteuse pour la vie démocratique du pays. D'ailleurs, même les bailleurs de fonds et les organismes de développement reconnaissent la nécessité et appuient toutes les initiatives en faveur de cette vie démocratique. A preuve, l'assistance et la politique conduites par la social démocratie allemande par l'intermédiaire de la FFE à Madagascar depuis les années 2000.

    Malgré cette "désaffection des électeurs" ou de l'opinion à l'endroit de la politique qui n'est que l'expression intellectuelle de la chose publique, on ne peut pas dire que les politiciens s'endorment sur leurs lauriers ou sur leurs fauteuils. Pierre Randrianantenaina ne nous contredira pas. Voninahitsy ne démentira pas. Manandafy non plus, ni Mox Ramandimbilahatra. En tout cas, le contexte politique mondial a changé et pareillement le contexte et l'approche de la politique au niveau national. La contradiction entre blocs capitaliste et communiste ou socialiste a fait son temps. Le libéralisme et la mondialisation tendent aujourd'hui à régner en maître. Au mouvement international communiste, puis socialiste, succède maintenant ou tend à les surpasser, le mouvement mondial libéral vers lequel les formations libérales de Madagascar lorgnent. Il en est ainsi du parti de Manandafy qui y siège depuis près de deux ans comme observateur avant d'y être admis comme membre à part entière.

    On ne sait pas vraiment pour l'instant de quelle idéologie s'inspire le TIM qui prône la "politique de développement" mais toujours est-il que le Partenariat Public Privé mis en avant partout présente des fonds de pratiques pragmatiques des débuts de l'industrialisation des Etats-Unis d'Amérique. Est-ce un capitalisme d'Etat recrudescent ou un capitalisme socialisant ou le summum du capitalisme "ploutocratique" ? En tout cas, pour l'instant et dans la vie quotidienne, le peuple n'y voit que du feu et le militant ne s'y retrouve pas du moment que sa matière grise ne trouve pas de repères fiables. Des éclaircissements idéologiques sont sans doute nécessaires sinon la vie ne serait réduite qu'à "croire", sinon à la course individuelle pour la satisfaction des besoins bassement matériels.

Tribune 28/11/03