Fianarantsoa capitale
de la fronde contre Ambohitsirohitra
        Pety Rakotoniaina refuse tout net la « Golf » offerte par le Président
 
Comme ont dit : les deux feraient-ils la paire ? Tandis que Jean Lanihiriko, se voyait refuser par les autorités locales, sans que l’on sache avec précision par qui, du maire de Fianarantsoa ou du PDS, l’organisation des Portes ouvertes de l’Assemblée nationale en plein air, alors qu’il était autorisé à les tenir dans une salle, Pety Rakotoniaina, premier magistrat de la capitale du Betsileo, a refusé, lui, la voiture de fonction (photo) que le chef de l’Etat avait promis, et rapidement tenu, de lui offrir… Carrément ! « On ne m’achète pas avec un taxi d’occasion », a-t-il expliqué.

A 10 h 45mn précises, samedi, la clé de la Golf Type 2 enrubannée, «voiture de représentation» destinée au maire de Fianarantsoa, Pety Rakotoniaina, passe des mains du chef de région à celles du vice-président du conseil communal. Le premier magistrat de la ville n’est pas là. Il ne voudrait pas de ce «taxi d’occasion», «même si on lui coupait la tête».
 Alors que la cérémonie officielle de remise des 2 camions et de la voiture de représentation promise par Marc Ravalomanana à Pety Rakotoniaina est prévue se tenir devant l’Hôtel de Ville à 9h30, le maire de Fianarantsoa est assis sur les bancs de l’aumônerie catholique des jeunes, invité d’honneur de la présentation officielle du nouvel aumônier, le père Cyprien Noël Razafinandraina. En bon catholique, il préfère accomplir ses devoirs de «grand frère des jeunes fianarois» qu’aller recevoir une voiture «d’occasion» dont il n’a que faire. Jusqu’à plus de minuit, la veille, le chef de région Haute Matsiatra, Hanta Rabetaliana, le directeur de la Décentralisation à la Présidence, José Ranaivo, et le conseiller spécial du président, Clerment Mahazaka, ont semble-t-il tenté de convaincre le maire de revenir sur sa décision, en vain.
 
La cérémonie officielle a donc eu lieu malgré tout. «Le président tient sa parole, et prouve son soutien à la commune urbaine de Fianarantsoa (Cuf) dans ses projets de développement», déclare le représentant de Ravalomanana, José Ranaivo. Avant d’ajouter que «comme la région chapote la commune dans le rang des collectivités décentralisées, c’est le chef de région qui va remettre les véhicules aux responsables de la Cuf». Six conseillers communaux, dont le vice-président du Conseil communal, Charlie Rakoto, (le président du conseil étant en visite dans la capitale), ont représenté la Cuf, en lieu et place du grand absent. «C’est aux conseillers de recevoir les dons et legs destinés à la commune», assure le chef de région.
 
RENDRE A CESAR CE QUI EST A CESAR
 
Outre les clés de la voiture de représentation, ils ont reçu symboliquement deux camions. Arrivés à Fianarantsoa dès le surlendemain de la visite du Président, ces deux véhicules ont été de suite affectés au ramassage des ordures de la ville. La région Haute Matsiatra avait elle aussi reçu, quelques mois auparavant 3 golfs et 4 camions, destinés à la distribution de riz vers les communes les moins productrices. Selon ses dires, c’est à cet état de fait que Pety Rakotoniaina a fait référence, lorsqu’il a évoqué les travers du régime dans la «priorisation» de ses aides. Il nie avoir jamais «demandé» une voiture au président, ni une quelconque «contrepartie à sa contribution à la mise en place de ce régime.
 
Il souligne d’ailleurs que le président avait déclaré qu’il lui offrirait une voiture avec laquelle il pourrait «parcourir tous les recoins de la ville». «Mais les deux tiers des routes qui sillonnent Fianarantsoa sont secondaires, à peine praticables avec une voiture légère. Il me faudrait plus qu’une voiture d’apparat. Si Ravalomanana veut vraiment tenir ses promesses, il sait ce qu’il me faut», lance-t-il. Le premier magistrat de la ville admet au final qu’il aurait peut-être dû recevoir en personne les voitures promises, mais «puisque ce sont les conseillers communaux qui les ont reçues, ce qu’ils vont en faire, ça les regarde.» Pour lui, «il faut rendre à César ce qui est à César».

Mirana Rasamimanana