Humeur

Revoilà les Mafana. Peut-être diminués par l'âge, les échecs dans les différentes élections mais toujours aussi zélés. Du trio de choc, il n'y a plus que Manandafy Rakotonirina et son faciès émacié par tant de lutte de classe et de conquête de pouvoir. L'enfant terrible des années 70 est toujours aussi teigneux même si la disparition de Germain Rakotonirainy et de Jules Razafindrakoto lui a enlevé une partie de son pouvoir de prestidigitateur. Manandafy a peut-être fini par se rendre à l'évidence pour se contenter d'être un conseiller sans attribution claire et nette du Président de la République. Un moindre mal qui ne l'empêche pourtant pas de jouer un rôle capital de temps à autre. De jouer les trouble-fête quand cela lui chante. On peut ne pas l'écouter, il ne peut pas laisser indifférent même s'il divague. On se souvient de sa position en 2003 sur l'amnistie qu'il annonçait comme une condition indispensable des bailleurs de fonds pour le déblocage des crédits pour Madagascr. Sa déclaration souleva une belle polémique dans l'opinion. La suite des événements ne lui donnait pas raison, mais il persistait dans sa voie.

Aujourd'hui, il remet l'amnistie au goût du jour. Cette fois, il n'est plus que question de nerf de la guerre mais d'une guerre tout court. Civile si l'on veut.

Une annonce qui peut paraître exagérée et fallacieuse eu égard aux réalités sur le terrain. Le MFM s'attirera toutes les foudres de l'opinion hostile à ce genre de mise en garde alarmante surtout dans la capitale. C'est un avis comme un autre. Le prendre au sérieux ne constitue pas un crime. Le négliger comporte des risques. Le MFM avait prévu le carnage du 10 août 1991. Ce qui lui valait tous les qualificatifs. Quand Manandafy voit rouge, l'avis vient d'un expert. En mouvement de foule.:

Sylvain Ranjalahy

L'express 040705