MANAKARA RESTE A LA MERCI DE CALCULS « GEOPOLITIQUES » DU TRIBUNAL ELECTORAL

La crédibilité des tribunaux électoraux sera jugée à l’aune de la partielle tenue Manakara, dimanche 25 avril dernier. 47 voix d’écart au premier tour, 75 dimanche. Au vu du faible écart de voix entre le candidat « indépendant » baron MFM, Rakamisilahy Martial, gagnant officieux, et Serge Chan Sui Yang du TIM, c’est en fin de compte, des calculs du tribunal électoral et non des urnes que surgira le nom du futur maire de la capitale du Sud-est. On craint déjà que ces calculs ne soient de nature géopolitique. Les résultats officiels de la municipale de Manakara est à la merci de la moindre annulation de voix ou de bureau de vote. L’électorat de la capitale du sud-est a fait montre d’une rare constance dans ses choix. Plus au sud, Leader Fanilo perd Vangaindrano tombée aux mains du TIM mais se rattrape à Lopary.
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Un « indépendant » baron du Mfm et ancien député pour Manakara, un Tim pour Vangaindrano, un Leader Fanilo pour Lopary. Les regards se focalisent sur la situation de Manakara, la capitale du Sud-est. Avec 75 voix de différence entre un candidat « Mfm » et celui du Tim, le parti au pouvoir, tout dépendra du tribunal électoral qui avait préféré la prudence et annuler le vote de novembre plutôt que de statuer sur 47 voix d’écart. La partielle de dimanche aura été de ce point de vue, un coup pour rien risqué.

Les résultats officieux des partielles du 25 avril ont été rendus publics hier en fin d’après-midi par le ministère de l’Intérieur et de la réforme administrative.

Sur les 10 305 votants, le candidat Rakamisilahy Martial, ancien député Mfm, a obtenu 5 148 voix contre 5 073 pour son adversaire du parti au pouvoir Serge Chan Sui Yang. Les votes blancs et nuls sont au nombre de 83. Avec un écart de 75 voix, le risque de basculement n’est pas à écarter. Des voix tant du camp du parti « Tiako i Madagasikara » que du Mfm commencent déjà à évoquer la question de la crédibilité du tribunal électoral, une entité prévue par les textes pour être le juge électoral aux lieu et place de la Haute cour constitutionnelle (Hcc) et qui a été opérationnel depuis les territoriales de décembre dernier. Il a déjà montré ses limites concernant les élections de Mahajanga, par exemple, statuant au profit du Tim, malgré un bon nombre d’irrégularités soulevées par les adversaires du parti fondé par le Président de la République.

A Manakara , le Tim a déjà célébré sa victoire la nuit de dimanche. Le « Mfm » n’a pas été en reste. Mais, le score étriqué ne garantit la sérénité dans tant dans un camp que dans l’autre. Le tribunal électoral, quel que soit son verdict, ne sera pas à l’abri des critiques. La moindre annulation de voix ou de bureau de vote décidera de la victoire du Tim ou du « Mfm » et ne sera jamais perçue comme innocente. Martial ou Serge ? Le maire de Manakara sortira plus du tribunal électoral que des urnes. Le Tim envisage déjà de porter plainte pour des irrégularités et « fraudes flagrantes » dans 2 bureaux de vote, celui de Mangarivotra Ouest et d’Ambalafary gare. Le Tim proteste déjà contre des classiques de la fraude électorale. « Votants ambulants, duplication de cartes électorales ou transport d’électeurs etc… ».

A l’issue de la première élection annulée, l’écart entre les deux candidats était de 47 voix. Le tribunal électoral a préféré annuler l’élection entière et procéder à une autre. A noter que le candidat Rakamisilahy Martial, se croyant déjà élu, a menacé de ne plus revenir aux urnes. Manakara aura été un lieu test, un symbole. L’on se rappellera les « coups de main » de Jacques Sylla, Premier ministre et non moins secrétaire général du Tim au mois de mars dernier pour inaugurer entre autres, le commissariat de la ville. Ou la descente massive de l’état-major du parti au pouvoir pour le dernier jour de la propagande. Rakamisilahy Martial aura eu l’appui du président national du parti Mfm, et conseiller du président de la République, Manandafy Rakotonirina et de son « voisin », Pety Rakotoniaina, la bouillant maire de Fianarantsoa.

Manakara a occulté les autres partielles. Leader Fanilo perd Vangaindrano mais gagne Lopary. Quant à Ambarimay, Ambato-Boeny, elle attendra d’autres verdicts. 5 mois après les territoriales, des communes attendent d’être statuées sur leurs premiers magistrats.

Iloniaina Alain et Andry Drouot
(Stagiaires)
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 Express du 270404

 Communales partielles

Rakamisilahy mène à Manakara

Les résultats partiels concernant les élections communales qui ont été refaites à Manakara, Vangaindrano et Loapary, arrivent à compte-gouttes.

En ce qui concerne ceux de la commune urbaine de Manakara, les chiffres recueillis hier donnent un petit avantage au candidat indépendant, Rakamisilahy Martial. Sur 18 bureaux de vote, ce candidat proche du MFM a obtenu 5.148 voix sur les 10.221 suffrages exprimés. Le candidat de Tiako i Madagasikara (TIM) en a eu 5.073. On indique que le taux de participation a été de 61.63%.

Par contre, pour les résultats de Vangaindrano, le candidat du TIM arrive en tête avec 2.046 voix sur 4.939 suffrages exprimés, soit un pourcentage de 42%. Les autres candidats ont respectivement obtenu :


- Leader Fanilo : 1.372 (28.16%) ; - Mami : 1.010 (20.73%) ; -RPSD Vaovao : 443 (9.09%).
Pour l’instant, aucun résultat n’est connu en ce qui concerne la commune rurale de Loapary.

 

Gdi 27/04/2004