Manakara
Accrochages entre Marc Ravalomanana et Martial Rakamisilahy
Le torchon brûle entre le président Ravalomanana et Martial Rakamisilahy, maire de Manakara. Le passage du chef de l'Etat dans la commune de ce dernier a fait éclater au grand jour le malaise entre les deux personnalités.
 
Martial Rakamisilahy, maire de la ville de Manakara.
L'absence du maire dans le comité d'accueil du président a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
"Je suis tellement en colère que j'ai oublié le fil de mon discours", a tonné le président Ravalomanana, au stade de Manakara, hier. Et le chef de l'Etat n'a pas mâché ses mots contre Martial Rakamisilahy et sa gestion de la ville. "Le premier magistrat de la ville n'est pas dynamique. Dès qu'un maire met son parti avant l'intérêt de la population, il n'y a pas de développement possible", a dénoncé, en public, le chef de l'Etat.
Le président Ravalomanana a enfoncé le clou en faisant allusion au "différend" entre le maire et les conseillers municipaux. "La situation à Manakara est mal partie. Il n'y a pas de développement dès que la politique politicienne prend le dessus", a-t-il asséné.
De son côté, le bouillant Martial Rakamisilahy, n'est pas non plus satisfait de la situation et l'a fait savoir. Présent au stade, il n'a pas arboré son écharpe, pour marquer sa désapprobation. "Jusqu'ici, le chef de l'Etat ne s'est pas soucié de notre commune. Et voilà qu'à l'approche de l'élection présidentielle, il change de comportement", a rétorqué ce membre du parti Mpitolona ho an'ny fampandrosoana an'i Madagasikara (MFM).
"Certaines personnes semblent oublier que Manakara a contribué à l'avènement du régime actuel, lors des événements de 2002", a-t-il rappelé. Il menace de prendre sa revanche en "promulguant un arrêté municipal empêchant la réhabilitation de la portion de la route nationale (RN12) passant sur Manakara ".
Manandafy Rakotonirina, président du MFM, lui, a voulu calmer le jeu. "A ma connaissance, Martial Rakamisilahy n'a pas été avisé de la visite du chef de l'Etat", a avancé le conseiller du président de la République. Il écarte également l'hypothèse d'un conflit entre son parti et le chef de l'Etat.
Le décor est donc planté pour l'ambiance préélectorale et électorale à Manakara. Déjà, Martial Rakamisilahy a dû batailler deux fois contre le candidat du Tiako i Madagasikara (TIM), lors des municipaux de 2004, après l'annulation du premier scrutin.
Le tout, dans une ambiance électrique.
  Iloniaina Alain
Date : 08-09-2006