MANANDAFY RAKOTONIRINA : "RAVALOMANANA POUR UN DIALOGUE AVEC RATSIRAKA"
Le fondateur du parti MFM, annonçant la possibilité de la rencontre.

Les déclarations du conseiller du président de la République réchauffe la possible discussion entre Ravalomanana et Ratsiraka. Ce dernier, par l’intermédiaire de ses proches, a déjà donné un signe dans ce sens.

• En s'alignant à la course présidentielle du 3 dé-cembre, le MFM ne joue-t-il pas le jeu du pouvoir?
- Pas du tout. Je dirais même que la date avancée jusqu'ici n'est qu'un effet d'annonce. C'est pourquoi nous ne sommes pas trop pressés de décider qui sera notre candidat (sourire).

• Pourquoi?
- Jusqu'ici, toutes les conditions démocratiques ne sont pas réunies. Il faut que le président Ravalomanana et l'Amiral discutent et donnent des garanties. En tout cas, c'est le souhait de Kofi Annan lorsqu'il a encouragé le dialogue entre le président Ravalomanana et l'opposition. Par la suite, les questions, entre autres relatives à l'amnistie, au code électoral ou encore aux partis politiques,
devront également être réglées.

• L'ancien président a déjà accepté le principe. Qui bloque le dialogue?
- J'ai discuté avec le chef de l'Etat et il n'est pas du tout contre le dialogue. Il a juste demandé un délai.
A mon avis, il existe quelque part une forme de pression locale.


Selon Manandafy Rakotonirina, le chef de l’Etat n’est pas contre le dialogue.

• Et l'amnistie?
- Cette question devra être réglée par un jeu entre l'Arema et le Tim. Les deux partis disposent de la majorité au sein des deux chambres.

• Que se passerait-il si le pouvoir persiste à organiser les scrutins dans les conditions actuelles?
- Il suffit de voir le scénario ivoirien. Les scrutins ont été reportés pour un an, malgré l'annonce de la date officielle. Le conseil de sécurité interviendra, mais je ne suis pas en mesure de connaître sous quelle forme. La chose dont je suis sûr est qu'il n'y aura pas de transition. En tout cas, l'amnistie, qui fait déjà partie de la tradition politique chez nous, est d'un moindre coût pour les Nations unies que l'envoi des Casques bleus après une guerre civile.

• Bouri Sanhouidi réfute une quelconque pression de la part de la communauté internationale.
- Il est vrai que la communauté internationale ne fait pas de pression, mais elle donne des conseils.
Je persiste à confirmer que les conditionnalités des bailleurs de fonds sont liées à l'amnistie. Nous l'avons annoncé il y a quelques années et nous campons sur notre position. Sinon, comment expliquer le blocage du décaissement du fonds en ce moment. Les bailleurs de fonds évaluent toujours la part de risques avant de décaisser. La stabilité politique fait partie des paramètres
importants dans leur prise de décision.

Propos recueillis par Iloniaina A.

L'express de madagascar 20/06/2006