MANANDAFY RAKOTONIRINA
« GUERRE ENTRE TIM ET MFM ! »

   "Ma nomination, comme conseiller spécial du président de la République, ne change rien sur les relations qui me lient tant avec ce dernier qu'avec le MFM et le KMMR". Une semaine après l'officialisation de la fonction qu'il a déjà exercée durant une année auprès du Chef de l'Etat, Manandafy Rakotonirina vient de sortir de l'ombre du palais d'Ambohitsorohitra pour parler de sa position vis-à-vis du cours des affaires nationales.


   C'était hier sur les ondes de la Radio Antsiva. Intervenant sur cette radio privée, le président national du MFM a ébloui avec ses façons très subtiles de traiter les événements, surtout politiques. Il a révélé qu'il a commencé à graviter autour du Chef de l'Etat dès le début de la campagne des élections présidentielles. "Depuis ce temps là, j'ai déjà exercé la fonction de conseiller spécial de Marc Ravalomanana. En tout cas, cette nomination n'a rien changé en ce qui me concerne", a-t-il continué. Plus, il a clairement indiqué que, contrairement aux allégations colportées ici et là, "cette nomination n'aura aucun impact sur le MFM qui reste résolument soudé et unique". De même, ce patron du "Mafana" a réitéré sa ferme volonté de rester uni dans toutes les actions menées par le KMMR. "Un KMMR qui n'est point dans l'opposition et qui n'a rien à voir ni avec le CRN ni avec l'Arema", a-t-il tenu à préciser.
   Ayant excercé ensuite, cette fois-ci par voie radiodiffusée, sa fonction officielle, Manandafy Rakotonirina a été clair et catégorique sur l'amalgame qui prévaut actuellement dans la haute sphère de l'Etat : "la Constitution a clairement défini les attributions de chaque institution. Aussi, le président de la République n'a point à exercer la fonction de Premier ministre et vice versa. De même, le Chef de l'Etat n'a pas à officier, par exemple, comme maire ou président de fokontany tout comme les élus n'ont pas à promettre de réaliser des travaux relevant de la compétence de l'Exécutif".
   Mais ce fut les critiques qu'il a lancées hier contre le gouvernement, du moins contre quelques-uns de ses membres, qui ont retenu l'attention du grand public. "Des ministres, dans leurs missions en provinces, ont utilisé le nom du président de la République pour faire accepter leurs propres abus et autres bourdes", a-t-il révélé. Il a ainsi pris l'exemple de ce membre du gouvernement qui a ordonné, soit-disant suite à un ordre émanant du président Marc Ravalomanana, au chef CISCO de Fianarantsoa d'interdire la réception des quatre ordinateurs octroyés au lycée local par l'ONG "Tambatra 2002". Ayant poussé encore plus loin le bouchon, il a clairement indiqué que "certains ont claironné ici et là que toutes ces arrestations, opérées suite aux événements de 2002, ont émané du Chef de l'Etat. C'est archi-faux !". Ayant soutenu de ce fait les appels déjà lancés par ce dernier sur ce problème, il a déclaré que "l'on condamne donc ceux qui sont à condamner et que l'on libère immédiatement ceux qui sont à libérer".
   En ce qui concerne son "poulain", Pety Rakotoniaina, Manandafy Rakotonirina a été clair et net : "Ce fut le TIM qui a tout fait pour que Pety Rakotoniaina soit démis de sa fonction. Et tout a été fomenté par le gouvernement. Ainsi, rien n'étonne si la guerre est déclarée entre le TIM et le MFM. Du moins à Fianarantsoa". Sur sa nomination , il a appuyé que "l'enfant terrible" du MFM a déjà indiqué à qui veut l'entendre que ceci ne change en rien l'état des relations qui lient les deux hommes. Pour ce qui en est des propos fracassants tenus dernièrement par le KMMR à Toliara, le président national du MFM n'y a vu aucun inconvénient : "la vérité doit, au nom de la transparence et de la démocratie, être révélée au grand jour !". En tout cas, sur tous ces problèmes, il reste convaincu que "seul le président de la République peut les résoudre". Le Chef de l'Etat qu'il croit dur comme fer "ne jamais rejeter ses alliés et autres amis politiques qui ont lutté à ses côtés".
   Mais une phrase, plutôt anodine et prononcée par l'interviewé lors de sa prestation radiodiffusée d'hier, a littéralement étonné plus d'un : "la déclaration, faite à Fianarantsoa par le président Marc Ravalomanana, selon laquelle il ne va pas dissoudre l'actuel gouvernement ne veut pas dire qu'il allait ou pas effectivement changer cette équipe de Mahazoarivo. Si le Chef de l'Etat veut changer le gouvernement, il peut le faire. A tout moment".

Recueillis par Rolly Mercia

Crise universitaire: Le feu continue de couver…
   Hier vers midi, un groupe d'individus se réunissait près du bloc 59 de la cité U d'Ankatso II. Selon les rumeurs qui se sont propagées, ce groupe aurait projeté de rameuter les étudiants dans le but de les conduire à perpétrer des actes de déstabilisation du monde universitaire. Personne n'a pu indiquer hier si ces gens sont de vrais étudiants ou de personnes étrangères aux cités U. En tout cas, les avis convergent pour dire que le feu continue encore de couver à Ankatso. D'ailleurs, jusqu'à ce jour, aucune liste officielle des étudiants, devant bénéficier des logements universitaires, n'est encore sortie.
   Dans son intervention d'hier à la radio Antsiva, Manandafy Rakotonirina devait décrier que c'est le manque de moyens financiers et d'infrastructures qui reste la principale source de cette crise universitaire. En outre, il a clairement indiqué que "bon nombre de ceux qui sortent d'Ankatso n'arrivent pas à trouver du travail tandis que bien de ceux qui ont le bac en poche n'arrivent point à passer le concours d'entrée dans les filières universitaires".    Le président national du MFM croit dur comme fer que "tout le monde, étudiants comme enseignants, est libre de tenir les propos qui leur plaisent. La liberté est totale dans cette université d'Ankatso. Personne n'y doit pas être interdite d'opinion et tout le monde peut y faire de la politique"....

Madagascar Tribune 16/04/03