Conférence nationale

«Rien ne presse» selon Manandafy

      Interrogé quant à la situation qui prévaut depuis la fin de la semaine dernière, Manandafy Rakotonirina est imperturbable. "Rien ne presse pour la tenue d’une conférence nationale dit-il. À son avis si on devait parler de politique, on ferait mieux de faire passer d’abord l’amnistie avant la conférence nationale. Et le président national du MFM rappelle les péripéties de la gestion de la crise 2002 par Pety Rakotoniaina à Fianarantsoa où aussitôt arrivé au pouvoir, son poulain a mis en oeuvre le "Tambatra" pour apaiser toutes les tensions et consolider la solidarité des populations et des formations politiques impliquées dans la crise. En quelques jours Pety Rakotoniaina, disait-il, a rétabli la concorde dans le faritany. Il a récolté par la suite les votes des habitants de la ville de Fianarantsoa pour devenir Maire de la ville.
    Tout cela n’est pas sans laisser entendre que comme bon nombre d’observateurs et surtout de chefs d’entreprise, il doute des suites des revendications de gouvernement de transition par la Conférence nationale unique. En tout cas, la réprobation d’une majeure partie des ménages tananariviens a été forte dès l’annonce de ce gouvernement insurrectionnel que projette Andoharanofotsy.
    Manandafy souligne que tout le monde veut bien admettre la nécessité de réviser la Constitution, le Code électoral.... Mais s"aventurer sur le chemin d’un gouvernement insurrectionnel est plus qu’hasardeux. Voire suicidaire politiquement et pour l’avenir du pays, non sans attirer l’attention sur la nouvelle donne et le défi qui se présente à toute la classe politique. La classe politique mesure-t-elle le danger qui guette le pays au moment où les grandes puissances lorgnent sur nos richesses. Les Etats-Unis ont fait la guerre en Irak sans demander l’avis de quiconque. Les problèmes des anciennes colonies françaises en Afrique ne font-ils pas frémir quand on sait que les Congolais, les Ivoiriens n’y sont pour rien en réalité ?
    En tout cas, remarque notre interlocuteur, il a été mandaté par le SPDUN pour faire part de cette idée de Conférence nationale au président Ravalomanana qui n’avait rien contre si le thème était celle de la Bonne gouvernance. Etant pris par les devoirs de chef de parti et autres, je n’étais plus très au fait de la suite des rencontres au Panorama nous a-t-il fait comprendre. Mais il ne sait pas pourquoi cette précipitation. Toujours est-il qu’il savait comme tout le monde la date de la tenue de cette conférence à Andoharanofotsy.
    On sut par d’autres sources que si le MFM n’était pas représenté lors de cette conférence bien qu’étant membre du SPDUN, c’est que le bureau politique n’a reçu aucune invitation. Et les commentaires sont allés bon train. Quoi qu’il en soit, Pety Rakotoniaina est clair: le MFM ne peut que défendre la démocratie. Il l’a fait en 1991, il a été parmi les premiers à le réclamer en 2002. Qu’on laisse tout un chacun s’exprimer dans le cadre défini par la loi; c’est aux citoyens et au peuple de juger. Pour Pety et Manandafy, le véritable problème à tous est cette pauvreté à laquelle il faut trouver des solutions concrètes rapidement.

  RAW

Madagascar Tribune  07/06/05 –

Amnistie:Manandafy Rakotonirina persiste…

Imperturbable, Manandafy Rakotonirina a réponse à tout. Il était à Iavoloha (DSRP) parce qu’il a choisi de se ranger du côté du gouvernement. Il n’était pas à Andoharanofotsy parce que les organisateurs veulent aller trop vite avec leur gouvernement d’union nationale.
Mais n’allez pas croire que Manandafy roule à 100% pour le pouvoir. Selon lui, la première chose à faire est de parvenir à une paix sociale par le biais d’une amnistie après la crise de 2002. Le DSRP viendrait longtemps après, même si pour l’instant, Manandafy Rakotonrina met tout le monde en garde concernant la faillite de la Jirama. « Sans énergie, il n’y aurait pas de développement », annonce-t-il. Et « nous ne pourrions jamais atteindre le taux de croissance de 6% dans ce cas. », précise-t-il.
Recueillis par T.R.

GDI 07 06 2005

ANDOHARANOFOTSY - Quelques réactions

Transition. Démonstration de force de l'opposition, samedi, à Andoharanofotsy dans le domaine privé d'Alain Ramaroson, durant la cérémonie de clôture de la conférence nationale. L'événement n'a pas laissé les ténors de l'opposition et quelques personnalités politiques indifférents face à la conjoncture de l'heure. Au passage, la présence du chargé d' affaires Suisse, Benoît Girardin a été remarquée.

Olivier Rakotovazaha (ancien ministre, membre du parti MFM et leader du mouvement KMSB): "La révision de la Constitution et du code électoral ne pose aucun problème. Je suis d'accord que nous traversons une période d'absence de dialogue. Mais je ne partage pas l'idée de "transition" qui mènera le pays aux troubles. Cependant, la nation et la population malgache ne supportent plus les affrontements. Je prône toujours la négociation parce que les rivalités n'arrangent personne".

Vaovao Benjamin (sénateur Arema, et membre du RFN): "La conférence nationale n'est qu'une étape pour rassembler les opposants. C'est le peuple qui cherche la réconciliation. Quant à l'organisation, "rien n'est parfait". Je me réjouis que chacun soit conscient, loin des rancunes, que quelque chose ne marche pas dans la gestion du pays. Le parti Arema est content parce que ses messages sont transmis. On ne sacrifie pas le pays à cause d'un seul homme"

Pierre Tsiranana (ancien PDS de Mahajanga et président du parti PFDM): "Le bilan est globalement positif. La mise en place de la transition est urgente et on est en train d'étudier son effectivité".

Hery Rakotobe ( membre du parti Grad Iloafo): "Les participants ont une réelle volonté de trouver une solution en ouvrant l'espace de dialogue pour réconcilier les Malgaches afin de redresser le pays en toute sérénité devant la mauvaise gouvernance".

Laurent Ramaroson (secrétaire général de l'Avi): "Le parti Avi rejette catégoriquement l'idée d'une "transition". Par contre, il ne s'oppose pas à la refonte du code électoral et à la révision de la Constitution à moins que celle-ci tienne compte de l'exigence économique et concorde avec la vision du président Marc Ravalomanana".

Benoît Girardin (chargé d'Affaires suisse à Madagascar): "Nous sommes dans un pays démocratique. Alors nous sommes pour le dialogue au Parlement. Et également, nous soutenons le respect du mandat électif"

Solofonantenaina Razoharimihaja (vice-président de l'Assemblée nationale et président du Tim): "Je vais être bref. Chacun peut exprimer librement ses idées, autrement dit la liberté d'expression existe à Madagascar. Chacun aime sa nation à sa manière, mais que le nationalisme n'aille pas au delà de la sagesse et du respect de la loi".

Alain Ramaroson (président du parti Master et fondateur du mouvement MCSR): "Les Malgaches ont besoin d'un secours urgent dans la situation actuelle pour éviter le pire. Je loue leur volonté à venir nombreux dans le stade, cela traduit quelque chose. Que le régime prenne conscience qu'il y a certaines choses anormales dans la gestion du pays".

Nirina Zafimaharo