Marc Ravalomanana: A quand chez Pety ?

La réconciliation entre Marc Ravalomanana, chef de l’Etat, et Roland Ratsiraka, maire de Toamasina, a été favorablement accueillie aussi bien dans la capitale qu’à Toamasina. L’image des deux hommes, côte à côte et faisant montre d’une complicité parfaite, a même suscité l’euphorie et l’optimisme. C’est que la population a conscience que les luttes politiques ne peuvent qu’aggraver une situation économique pour elle désastreuse. Elle salue donc tout ce qui, en haut lieu, va dans le sens d’un front commun de tous les acteurs politiques. Seule la solidarité, en effet, peut faire échec à une crise qui s’accentue. Quand Marc Ravalomanana se rendra t-il chez Pety Rakotoniaina, l’autre maire de chef-lieu de province contre qui il aurait une dent ? Comme Toamasina en fait, Fianarantsoa engage de grands travaux qui méritent l’attention du chef de l’Etat. Si ces deux personnalités brouillées en viennent aussi à évoluer côte à côte pour se pencher sur des travaux d’intérêt public, la population redoublera d’enthousiasme.
On rappellera que sous la conduite de Pety Rakotoniaina, la ville de Fianarantsoa fit montre de beaucoup d’héroïsme et d’abnégation dans la défense de la cause de Marc Ravalomanana durant la crise de 2002. Son attitude intraitable pendant les six mois de bras de fer, avait même forcé l’admiration des Tananariviens. Les deux chefs se brouillèrent un peu plus tard, notamment car Marc Ravalomanana, avec son orgueil ombrageux, ne voulait rien devoir à Pety Rakotoniaina.
Rappelons que la population fianaroise avait réclamé le maintien de l’actuel maire à son poste de chef de province, et l’avait exprimé sur des banderoles lors d’une visite du chef de l’Etat. Coup de colère de celui-ci qui a démarré son sermon ainsi : « Il n’est pas étonnant que vous soyez les derniers dans tous les domaines … ». Phrase malheureuse qui a consacré son divorce avec les Fianarois. A titre de vengeance, ces derniers avaient propulsé Pety Rakotoniaina à la mairie, repoussant le candidat pro-Ravalomanana…
On souhaite, en tout cas, voir le chef de l’Etat se rendre à Fianarantsoa, apparaître aux côtés du maire et reconnaître publiquement le rôle central de cette ville dans le triomphe de 2002. Toulon, dont il revient, devrait l’inspirer, où Jacques Chirac avait salué la contribution des soldats malgaches dans la libération de la France…

A.R.

Gdi 30/08/04