"Créons une Coalition pour l'alternance"

Le projet de Constitution élaboré et publié par le MFM a, semble-t-il fait naître plus de points d'interrogation qu’il n'en a supprimés. Mais comme le fait démontre un. intérêt certain public pour le document, le parti de Manandafy Rakotonirina a décidé de se lancer dans une campagne d'information et de sensibilisation. Pour inaugurer l’opération, MM Manandafy Rakotonirina. secrétaire général, Germain Rakotonirainy, député et Me Francisque Ravony, membre du Bureau Politique ont organisé hier après-midi une conférence publique qui a fait salle comble à la Tranompokonolona d'Isotry.

D'emblée M Germain Rakotonirainy (principal instigateur de cette campagne) a dégagé pour l'auditoire l'essentiel du projet de Constitution: l'institution de la démocratie dans la gestion des affaires publiques, de manière à clarifier les attributions des organes de l'Etat et d'enlever des mains du Chef de l'Etat le monopole des pouvoirs. Le MFM a-t-il indiqué avait adhéré à actuelle Constitution en 1975. A un moment où les menées annexionnistes des forces impérialistes étaient puissantes et où il convenait de défendre et d'assurer la souveraineté de Madagascar.

Pour toutes ces raisons, a-t-il continué, l'accaparement des pouvoirs entre les mains d'une seulei personne se justifiait. Mais. a-t-il fait observer, le contexte a évolué, les assauts impérialistes ont cessé et seuls actuellement les pays qui veulent admettre chez eux la domination étrangère se font asservir. De ce fait, a-t-il ajouté. des changements s’imposent, d’autant plus que la défense de la Révolution rime un peu trop avec la défense des privilèges d’une minorité, et que la présérvation de la souveraineté nationale a curieusement abouti à main-mise des étrangers sur l'économie nationale à la faveur de bénédictions occultes. L'urgence aujourd'hui a-t-il annoncé consiste à s'ouvrir sur le marché mondial et l'application du projet de Constitution du MFM devrait rendre cette tâche plus aisée.

M Germain Rakotonirainy fit ensuite observer que le projet en soi n’est ni libéral ni sociaiste mais qu’il devrait faciliter l’accès au pouvoir de toutes les tendances qui ont l'adhésion du peuple, quelles qu’elles soient. Ce projet selon M. Germain Rakotonirainy manifeste la volonté d’ouverture du MFM à toutes les forces vives et à tous les mouvements politiques épris de changement. Tous, a-t-il annoncé seront accueillis à bras ouverts dans l'oeuvre de correction et de modification de ce texte qui n’est pas encore parfait. Il terminera en lançant un appel solennel à la mise sur pied d’une coalition pour l’alternance -unie derrière un projet de Constitution démocratique.

Me Francisque Ravony inaugura son intervention en commentant les propos du ministre de l'information Jean Claude Rahaga tenus dans un quotidien local sur le projet Constitution du MFM. " Rahaga a-t-il indiqué avait annoncé que le projet s’est inspiré de la Constitution des Etats-Unis et de celle de la 5ème République Française. Il a certainement mal lu le texte car Congrès de Madagascar que nous prônons ne peut être identique au Congrès américain pour la simple raison que ce dernier relève d’un Etat Fédéral.

Il énuméra ensuite les principaux points qui ont déterminé la conception du projet de Constitution: en premier lieu "application de la politique d'ajustement structurel (synonyme selon lui de libération économique) qui ne peut être réalisé tant que l'on conserve l'actuelle Constitution de la RDM. En second lieu le programme du gouvernement de Manandafy Rakotonirina (dont des éléments comme la création de 200 000 emplois par an) dont la mise en oeuvre est incompatible avec l'actuelle Constitution de la RDM. En troisième et dernier lieu les enseignements de la réunion-débat des forces vives organisée par le MFM au Hilton, laquelle a mis en exergue l'extrême utilité de la séparation des pouvoirs. Après quoi, l'avocat d'affaires se lança dans une brillante explication des clauses du projet démontrant les mécanismes du contrôle du pouvoir exécutif préconisés par le texte.

Manandafy Rakotonirina. secrétaire général mit un terme à la série d'interventions en dénonçant les assertions selon lesquelles le MFM aurait copié sur des modèles étrangers et son programme de gouvernement du 12 mars, et son projet de Constitution. Ces allégations mensongères a-t-il continué ont été démenties de façon éclatante, et cette tendance à mettre sur le compte des étrangers les initiatives méritoires des nationaux est proprement déplorable. La naissance du projet de Constitution, a-t-il annoncé a été motivée par le fait qu'aucun développement ne sera enregistré ici tant qu'il existe une distorsion entre la stratégie économique et les institutions politiques.

Après quoi, le trio d'orateurs se livra à une séance de questions- ponses avec l'auditoire visiblement intéressé par la nature du projet de Constitution.

                                                     MIDI MADAGASCAR 18/10/89