Ministre Radavidson Andriamparany

«Ce n'est qu'une déclaration politique !»

En marge de la cérémonie de signature d'un protocole d'accord avec l'UNICEF hier, au MEFB à Antananinarenina, le ministre Radavidson Andriamparany a profité devant la presse de démentir les propos de Manandafy Rakotonirina et de donner des explications sur la dépréciation du Fmg.

En tant que premier responsable de l'Economie, des Finances et du Budget, le ministre Radavidson Andriamparany Benjamin n'a pas pu s'empêcher de réagir, sinon de démentir, la déclaration de Manandafy Rakotonirina, selon laquelle, la proclamation d'une loi d'amnistie constitue une condition sine qua non du déblocage des fonds par nos bailleurs traditionnels dont la Banque mondiale et le FMI. Ainsi, en marge de la cérémonie de signature d'un protocole d'accord avec l'UNICEF hier au MEFB à Antananinarenina, le Grand argentier a fait devant la presse le démenti suivant : "Manandafy n'a fait là qu'une déclaration purement politique. Et ce n'est pas à moi de le juger là-dessus. Mais, ce que je peux vous (journalistes) dire c'est que même moi, ministre de l'Economie et des Finances, je n'ai pas connaissance de cette conditionnalité politique des bailleurs de fonds. En plus, tout de suite après cette déclaration de Manandafy, j'ai téléphoné à Washington et des hauts responsables de ces Institutions de Bretton Woods (BM et FMI) m'ont confié qu'eux aussi, ils ne connaissent pas l'existence de cette conditionnalité politique. "Bref, sans vouloir taxer de "menteur" le président national du MFM, le ministre Radavidson Andriamparany voulait tout simplement laisser entendre que, chacun peut dire ce qu'il veut, mais ce n'est pas forcément vrai. "D'ailleurs, nous sommes dans un état démocratique où chacun est libre de s'exprimer", a-t-il conclu sa réponse à cette question politique.

Par ailleurs, les journalistes ont profité de la présence du ministre Radavidson Andriamparany pour l'interpeller sur cette dépréciation flagrante du Franc malgache. En effet, aux questions principales de "pourquoi le FMG ne cesse de déprécier" et de "que doit faire l'Etat pour endiguer cette situation catastrophique", voici les réponses du ministre : "Nous ne devons pas trop paniquer. Il ne faut pas oublier que nous avons déjà choisi d'adopter la politique de la libéralisation économique dont la loi de l'offre et de la demande. Par conséquent, l'intervention de la Banque Centrale au niveau du Marché Interbancaire de Dévises (MID) est limitée. Je m'adresse ici plus particulièrement aux opérateurs économiques dont certains profitent de cette perte en valeur du notre franc pour augmenter sans aucun motif valable le prix des marchandises sur les marchés (inflation artificielle). Et je vous (les opérateurs économiques) rassure que nous avons actuellement à la Banque centrale une réserve en devises qui peut supporter pendant 12 mois nos importations. D'ailleurs, nos recettes d'exportation (en devises) et les aides financières de nos bailleurs de fonds vont venir incessamment".

Bref, force est de constater qu'à travers toutes ces réponses, le ministre Radavidson Andriamparany veut toujours calmer l'esprit. Mais jusqu'à quand les contribuables peuvent-ils endurer cette dépréciation du FMG dont l'effet commence à peser sur la vie quotidienne de la population ?

.:Tribune 20/02/04 - Recueillis par Eugène R