QUESTIONS À ... Olivier Rakotovazaha Membre du MFM et du KMSB
• Vous allez participer à la réunion des partis politiques à Iavoloha ce jour?
- Le MFM va y participer, tout comme le KMSB que je dirige.

• Connaissez-vous l'ordre du jour de la réunion?
- Nous savons seulement que c'est le Président de la République qui a initié la rencontre, la Présidence sera assistée par l'Onu, par l'intermédiaire du PNUD. La réunion se déroule donc sous l'égide des Nations unies, suite à l'annonce du SG des Nations unies, Kofi Annan, pour la poursuite du dialogue entre pouvoir et opposition et pour préparer les élections.

• Que vont proposer le MFM et le KMSB lors de la réunion?
- C'est un début de processus mais selon l'invitation émise par la Présidence de la République, la réunion devrait tourner autour de l'élection. Il appartient à chaque formation politique d'apporter ses points de vue. Pour notre part, nous avons quelques points sur lesquels nous insisterons, outre les questions relatives au dialogue, à l'amnistie ou encore à la sécurité. Le KMSB va insister sur la transparence de l'élection. Même si le gouvernement a déjà annoncé l'informatisation de la liste électorale, nous ne soulignerons jamais assez l'importance de l'opération. D'ailleurs, celle-ci ne devrait pas coûter très cher pour que chaque électeur puisse se procurer la liste informatisée auprès de son fokontany. Nous allons également proposer l'utilisation du bulletin unique. Ceux qui pensent à une éventuelle difficulté des paysans à se familiariser avec cette technique ont tort. Le gouvernement peut, par exemple, utiliser un système de tampon. Enfin, nous allons exiger la confrontation des PV bureau de vote par bureau de vote au niveau de chaque CRMV. Il y a déjà une jurisprudence en la matière en 2002, après Dakar I. Si le gouvernement tourne le dos à la confrontation, c'est que nous ne sommes pas dans un état de droit.

• Un code de bonne conduite vous va?
- A mon sens, je ne suis pas contre un code de bonne conduite à condition que ce soit une loi votée par le Parlement. Il faut également que l'adoption du code soit accompagnée par le toilettage du code électoral. Si le gouvernement se contente d'un décret pour ce fameux code de conduite, cela ne change pas grand chose et il y aura toujours une instabilité autour de l'élection car le pouvoir modifiera à sa guise le texte en question.

• Et l'amnistie?
- Nous ne sommes pas contre l'amnistie. Mais c'est une affaire entre l'Arema, qui a des éléments emprisonnés suite à la crise et le Tim, qui a pris l'initiative de l'emprisonnement. Or, les deux partis sont majoritaires au niveau du Parlement.

• Les 3FN boudent l'invitation en arguant une manoeuvre dilatoire du pouvoir pour le dialogue souhaité par Kofi Annan...
- C'est leur choix devant l'histoire de la rencontre sous l'égide de l'Onu. Ils sont assez grands pour prendre la décision qui leur convient. Je remarque seulement que tout le monde ne fait pas partie des 3FN. D'ailleurs, s'il y a lieu de mettre autour d'une table les protagonistes de l'élection de 2001, le président Ravalomanana et l'Amiral seront les principaux intéressés. L'Arema ne devrait même pas être concerné parce que le parti n'a fait que présenter l'ancien chef de l'Etat à la présidentielle du 16 décembre.

• Etes-vous d'accord avec la troïka pour qualifier de manoeuvre la réunion pour contourner la recommandation de Kofi Annan?
- Je pense que le chef de l'Etat a été pris au dépourvu par la recommandation du SG de l'Onu. C'est pourquoi il avait désigné le pasteur Richard Andriamanjato pour être le porte-parole des 3FN. Mais je répète que les premiers responsables du problème étaient le président Ravalomanana et son prédécesseur. Le KMSB n'a pas reçu d'invitation mais nous allons y aller en tant que parti politique. Nous verrons par la suite ce qui va ressortir de la réunion de ce jour. Mais si c'est Kofi Annan, par l'intermédiaire du PNUD, qui y participe, c'est que le conseil de sécurité y est pour quelque chose. Je me demande seulement si nous voulons le scénario ivoirien avec des décisions du conseil de sécurité pour apaiser la situation.

• Vous soutenez toujours la nécessité d'une rencontre entre le président Ravalomanana et l'Amiral?
- L'affaire est déjà entre les mains des Nations unies et on ne peut plus aller au-delà de cela pour chercher une solution. Si l'Onu pense que ce n'est plus nécessaire pour apaiser la situation, qu'est-ce qu'on peut faire d'autre?

• Est-ce que la date du 3 décembre vous va?
- Personnellement, j'ai toujours indiqué que la date du 22 février devrait être prise comme repère pour la tenue des élections présidentielles. Donc, on savait un peu où l'on va, même avec l'anticipation de vingt jours.

• Mais d'autres partis politiques pensent que c'est illégal...
- Mais j'ai été nommé ministre le 1er mars 2002. Qu'allez-vous faire de toutes les décisions prises après cette date? (sourire).

Iloniaina A.