PROCÈS MARATHON - LE DÉPUTÉ D'IKALAMAVONY ACCULÉ


Le député d’Ikalamavony, Herihajaina Randrianirina, avec l’un de ses avocats.
L'élu d'Ikalamavony doit batailler ferme pour retrouver sa liberté, après le drame d’Amboanjobe.
Alea jacta est. Le procès du député Herihajaina Randrianirina Robert s'est prolongé très tard dans la nuit, hier. A l'heure où nous mettons sous presse, l'audience ne s'est pas encore terminée à Anosy.
Les témoignages contre l'élu d'Ikalamavony risquent pourtant de peser dans la balance et de jouer un mauvais tour au parlementaire.
Le témoignage de Djamil Emile, l'un des co-accusés du parlementaire MFM, est formel. Ce récidiviste affirme sans ambage que "le député Herihajaina Randrianirina était présent sur les lieux avec la ferme intention de participer" au marchandage. La délation du co-prévenu ne saurait être retenue comme preuve, mais d'autres éléments viennent accabler le dossier du député.
Les"rapports périodiques" de ce dernier à ses collaborateurs corroborent la déclaration de Djamil. Ceux-ci font valoir la "participation active" de l'élu d'Ikalamavony, en compagnie, entre autres, de sa soeur et de son beau-frère aux tractations.
Les dépositions de l'indicateur de la gendarmerie pourraient enfoncer un peu plus le député. L'absence de ce témoin clé à l'audience n'a pas permis à Herihajaina de se défendre contre les accusations formulées contre lui. Les témoins à décharge, enfin, n'ont pas eu l'occasion de conforter la bonne foi du parlementaire.
Le 7 mars 2004, le député Herihajaina se trouve mêlé à une opération menée par des éléments de la gendarmerie à Amboanjobe. L'intervention a pourtant mal tourné. Du coup, le parlementaire se retrouve avec deux charges sur les bras. Il est accusé de participer à la fabrication de fausse monnaie et à l'assassinant du capitaine Rasolomanana Arthur, tué pendant l'opération.

Procès politique.

Le député Herihajaina Randrianirina au milieu du collège d’avocats qui défend ses intérêts.

Le député Herihajaina Randrianirina nie pourtant toutes les accusations portées contre lui. Le parlementaire MFM articule sa défense autour d'un "programme imprévu" pour démontrer son innoncece. Devant les témoignages "renversants" de Djamil contre lui, le député Herihajaina avoue à la fin "n'y comprendre rien" mais "ne s'avoue pas vaincu".
L'inculpé, appuyé par son parti, croit plutôt à un "règlement de compte politique dont l'élu d'Ikalamavony est victime dans l'affaire". Ce dernier annonce "avoir fait l'objet d'une menace d'arrestation" de la part des proches de son "adversaire politique".
Le dossier concernant le député Herihajaina connaît un rebondissement ces derniers temps.
Quelque temps avant l'annonce de la date de l'audience, dix-neuf mois après les faits, 86 députés ont signé une pétition pour "auditionner" les ministres responsables de la Justice et de la sécurité publique, accompagnés par le commandant de la Gendarmerie nationale. Il sont allés jusqu'à demander la libération de leur pair. Le bureau permanent de l'Assemblée nationale est pourtant intervenu auparavant mais "sans succès".
Mais devant la demande politique des parlementaires la veille du procès, Lala Ratsiharovala, ministre de la Justice a plutôt préféré répondre techniquement. La garde des sceaux les a plutôt rassurés. Elle garantit "le respect de la procédure" dans le procès de l'élu d'Ikalamavony. "Il n'y a pas de manipulation politique " dans l'affaire, certifie Lala Ratsiharovala, face aux suspicions des députés.
Les ténors du parti MFM, accompagnés par quelques députés de l'opposition ont assisté à l'audience. Manandafy Rakotonirina a été cité comme témoin à décharge. Tout le monde préfère pourtant attendre la fin de l'audience pour commenter l'affaire. En cas de condamnation, le député risque des travaux forcés à perpétuité.
loniaina A.

Expresss 22/10/2005