Virapin et Pety à Fianarantsoa

Menaces et vigilance

Parmi le quartet de tête de ces communales à Fianarantsoa, Virapin Ramamonjisoa (Fianarantsoa Mandroso) et Pety Rakotoniaina (Tambatr’i Fianarantsoa) peuvent se targuer d’être les favoris de ces scrutins. Le premier, un inspecteur des impôts de 27 ans, prône la vivacité et la technicité, et le second, un quadra ayant fait ses preuves en politique, met en exergue son professionnalisme en matière de gestion. Deux candidats potentiels à la mairie de Fianarantsoa-ville qui nous livrent leurs stratégies respectives. Interviews croisées.


- La Gazette de la Grande Ile : L’on évoque ici et là que des candidats auraient eu des menaces…
* Pety Rakotoniaina (P.R.) : Pour ma part, je n’en ai pas reçu directement. Mais ces avertissements, comme quoi tout serait fait pour que je ne sois pas élu, constituent quand même une menace.

* Virapin Ramamonjisoa (V.R.): Des candidats et d’autres personnes m’ont lancé des menaces pour que je me désiste de cette course électorale. Pis, j’ai déjà reçu des renseignements selon lesquels certains voudraient même attenter à ma vie. Heureusement, les autorités policières veillent à tout. D’ailleurs, je mes suis déjà résolu à faire face à tous les problèmes.
- Vos stratégies de campagne électorale ?


* P.R. : Contacts directs avec les habitants des fokontany. Constitution de comités d’orientation dans les quartiers pour récolter les desiderata de tout un chacun. Interventions dans les médias. Discussions personnelles et directes avec des électeurs.
* V.R : Faire du porte-à-porte. Mon équipe et moi avons pu déjà, distribution de flyers à l’appui, visiter les 56 000 toits de la commune urbaine. J’évite de traîner le pas dans mes meetings publics à cause de ces menaces...

 

- Avez-vous déjà pu noter des irrégularités dans les préparatifs électoraux ?

* P.R. : Des listes électorales sont mal confectionnées à Ambatomena. Des paysans sont déjà arrivés à Ankofafa, Tanambao ou Tambohobe pour voter alors qu’ils ne résident pas en ville. Des électeurs de notre association ont été rayés des listes électorales comme à Isaha. J’en ai déjà avisé le sous-préfet mais aucune solution n’a été prise. Un chef de quartier, fervent membre du TIM, ne donne pas droit aux électeurs de vérifier les listes électorales. Bien de listes additives sont douteuses. Mais nos comités de vigilance vont faire le nécessaire. Chaque votant sera identifié le jour du scrutin étant donné que les membres de ces comités connaissent les habitants de tous les quartiers. Gare à celui qui, ne résidant pas dans cette ville, essaiera de voter ce jour-là. Nos comités veilleront également à ce que ce soit les vraies listes électorales qui seront sorties le jour du scrutin. Par ailleurs, des véhicules du Mineseb et du Minagri ont été utilisés durant cette campagne électorale…


* V.R :
Apparemment, ces préparatifs vont bon train mais il se pourrait que des candidats soient tentés de tout perturber le jour du scrutin. Nous avons déployé les moyens nécessaires pour que tous les électeurs soient inscrits. D’ailleurs, les candidats sont tous méfiants et se scrutent les faits et gestes de chacun. Je confirme également l’existence de ces listes additives douteuses. Il y aura toujours des fraudes mais je ferai tout pour avoir le maximum de voix. En tout cas, je m’en remets à Dieu tant sur mon avenir électoral que sur ma sécurité.

- Les grandes lignes de vos programmes ?


* P.R. : La base de ma gouvernance est de mettre en commun les valeurs de tous nos intellectuels pour, dans une solidarité de toutes les composantes de la société, unir les forces pour le développement de la cité. Aucun dirigeant d’Etat ou politique n’a jugé nécessaire d’exploiter ces potentialités humaines. Je serai un maire à l’écoute de tous. Et ma gouvernance sera de proximité. Consécutivement à la crise de 2002, Fianarantsoa était divisée en deux. Maintenant, nous avons bouclé la réconciliation régionale pour que tout le monde oeuvre pour le développement de cette province.


* V.R. : Création d’emplois par la décentralisation des zones franches, dans la mesure où 40% des employés de ce secteur dans la capitale sont des fils de Fianarantsoa. Et la création d’emplois d’Etat doit passer par la fortification du système éducatif et de la formation des jeunes. Nos comités dans les fokontany vont établir leurs programmes. Ce qui me permettra de boucler le contrat-programme que j’aurai avec tous ces fokontany. Et, de là, nous pourrions exécuter le plan communal de développement. Par ailleurs, je vais marquer une importance particulière à la recherche de financements internationaux pour les travaux de développement de la commune. Et les jeunes bénéficieront d’une attention particulière de ma part.
Recueillis par Herinaina et Rolly Mercia


(Envoyés spéciaux)

 

GDI 18/11/2003