RESOLUTIONS DU COMITE DIRECTEUR DU MFM
Antananarivo 8 et 9 Janvier 2000
Le Parti MFM adresse ses meilleurs vux de nouvel an au peuple Malgache. Il uvrera pour lunité et la solidarité de tous les Malgaches face aux épreuves à franchir dans les étapes de développement de la nation.
La nation Malgache traverse actuellement des conditions historiques difficiles. La situation daujourdhui exige des changements pour les motifs suivants :
Dans les conditions actuelles, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) est seul juge de tous les contentieux électoraux dans notre pays. ( La HCC statue sur le contentieux des opérations de référendum, de lélection du Président de la République et des élections des députés et des sénateurs. Cf. Constitution de la République de Madagascar Art. 118). Madame RADAVIDA, candidate dans la circonscription de Fandriana, en a été victime lors des élections législatives de 1998. Aucune instance juridictionnelle na pu se saisir des preuves de fraudes établies par la Gendarmerie sur les résultats proclamés par la HCC. Le Conseil dEtat prévu pour être juge de certains contentieux électoraux (Constitution, Art. 109) nest pas encore mis en place jusquà ce jour. Avec sa suffisance affichée, la HCC perd toute crédibilité devant la population. La contestation des résultats proclamés par la HCC sur les dernières élections sest aggravée en raison de la multiplication des irrégularités dans les opérations électorales et des fraudes dans la proclamation des résultats. Ainsi, à Miarinarivo, le vainqueur proclamé publiquement par la HCC a été remplacé une semaine plus tard par la même institution. De même à Betroka, une femme qui ne sest jamais portée candidate aux élections a été proclamée Maire par la HCC. Plus personne ne croît à la parole de la HCC. Les fondements institutionnels de lEtat de droit sont bafoués et définitivement discrédités.
Plus personne ne croît à lautonomie des provinces. Ladoption par référendum de lautonomie des provinces a coûté cher aux finances de lEtat. La surenchère tapageuse sur lautonomie des provinces ne correspond à aucune détermination politique sérieuse. En effet, dans la Loi des Finances de lannée 2000, 1 Milliard de Francs sont alloués à chaque province. Cest un acte de défiance du Gouvernement car cela ne correspond qu à la subvention accordée à 3 Fivondronampkontany (Madagascar compte 6 provinces et 111 Fivondronampokontany). Les Députés, eux, ont revendiqué de porter à 1 Milliard les 302 Millions de Francs de subvention à lInvestissement par Fivondronampokontany.
Linflation dégrade gravement le pouvoir dachat de la population . Laugmentation du prix de lessence annoncée jusquà 5 000 à 6 000 Francs le litre aura un effet dentraînement dévastateur sur les prix des autres biens et services. (eaux et électricité, téléphone, transports, )
Le Bureau Permanent de lAssemblée Nationale soctroie un dépassement budgétaire de 55 Milliards pour son équipement. On aurait pu soffrir la construction dun luxueux Palais détat de niveau de Hilton Madagascar à la place du Palais de Tsimbazaza. La population qui subit laugmentation de la pression fiscale de 8 à 11% du PIB, ne tolère plus les dépenses ostentatoires des Députés. Le pouvoir de contrôle de lAssemblée Nationale sur les dépenses de lExécutif nest plus légitime dès lors que les Députés foulent aux pieds les règles de lorthodoxie budgétaire.
Lopacité des procédures de désengagement de lEtat dans lopération de privatisation constitue une entrave sérieuse au respect des calendriers annoncés dans le Document - Cadre de Politique Economique (DCPE). La non transparence et les combines de tous genres sont imposés comme règles de jeu. Le désengagement de lEtat transfère la propriété nationale en propriété privée des dirigeants et des intérêts étrangers qui composent avec eux. Les intérêts des opérateurs nationaux sont ignorés. Les travailleurs et les usagers deviennent des exclus quémandeurs dans leur propre pays. Le patrimoine foncier et les entreprises détat sont bradés à des intérêts étrangers. La mondialisation et la concurrence internationale constituent une donne incontournable dans la situation daujourdhui. LEtat n a rien entrepris pour développer un entreprenariat national capable dy participer. Ce qui reste de la participation dEtat dans les entreprises gérée par la SONAPAR est dilapidée par les dirigeants.
Le Gouvernement fait preuve dincapacité depuis une année pour débloquer le Crédit dAjustement Structurel (CAS 2) de la Banque Mondiale et le Fonds dAjustement Structurel Renforcé (FASR) du Fonds Monétaire International.
La population fréquente de moins en moins les formations sanitaires depuis lapplication de la politique de recouvrement des coûts. Situation injuste puisque, en plus de laugmentation de la pression fiscale actuelle, la collectivité nationale doit rembourser les dettes du CRESAN. Désormais, la médecine payante est imposée à tous les citoyens sans distinction.
Linstitution de lImpôt Synthétique constitue une menace politique grave contre la démocratie. Cest une résurrection de limpôt colonial par tête pour obliger la population à vendre la force de travail (travaux forcés) et alimenter le commerce colonial par la livraison forcée des stocks de sécurité alimentaire. La coercition administrative et politique était la règle de base dans le recouvrement de limpôt par tête. La lutte anti-coloniale sen était largement inspirée. LImpôt Synthétique doit rapporter 48 Milliards aux Finances de lEtat. Ce qui correspond aux subventions de 30 Millions par Commune (Madagascar compte 1500 communes). LImpôt Synthétique devant être le support financier de lautonomie des provinces et de la décentralisation, aucun espoir nest permis dans ce contexte.
La recrudescence du banditisme et des vols de récolte sur pieds détruit la paix sociale sociale. Les vols de bufs se multiplient sans que lEtat agisse efficacement pour léradiquer.
Lexportation frauduleuse de lor et des pierres précieuses est un moyen de placement des avoirs à létranger pour les dirigeants. Ces opérations ne figurent nullement dans la balance des paiements. Le Chef de lEtat na-t-il pas avoué publiquement ce phénomène à loccasion dun discours à la conférence des Chefs dEtat de la COI à la Réunion. Lobole des 100 Millions de dollars US demandés aux bailleurs de fonds pour combler le gap de la balance des paiements est un montant ridicule face aux besoins de financement des investissements des infrastructures que pourraient supporter aisément les exportations dor et des pierres précieuses de Madagascar.
A tous les niveaux denseignement, la sélection scolaire constitue un blocage de la mobilité sociale; ce qui nous renvoie à la situation davant 1972.
De ce qui précède, il est clair que :
Plus personne ne croît à lautonomie des provinces, ni ses initiateurs encore moins ses opposants,
LEtat ne maîtrise plus la dégradation du pouvoir dachat suite à leffet de linflation,
Le banditisme et lexportation illicite des produits miniers dégradent dangereusement la moralité publique,
La non transparence pratiquée comme règle du jeu handicape lourdement les opérations de désengagement de lEtat des Entreprises publiques. Les calendriers annoncés dans les DCPE ne sont nullement respectés,
Les fraudes électorales, linefficacité des institutions, labsence de vision claire de la part des dirigeants enlèvent toute légitimité aux institutions de lEtat.
Le MFM estime que les affaires nationales se trouvent dans une impasse. Le Peuple Malgache est seul souverain pour déterminer les conditions dautonomie des provinces ou des régions. Un débat national simpose pour permettre à tous les citoyens dapporter leur contribution . Pour recueillir lexpression des aspirations de la population, nous en appelons au Président de la République de réunir les représentants de toutes les forces de ce pays (FFKM, Partis Politiques, Syndicats, Forces Armées, )pour délibérer des conditions de sortie de limpasse daujourdhui.
Le MFM prendra ses responsabilités en participant à ce processus. Cest ainsi que les militants apporteront leur expertise pour formuler des politiques sectorielles et de mettre en place des planifications de développement régional.
Concernant la révision du Code électoral, les opérations électorales ne seront plus confiées aux seules autorités administratives. Une Commission Nationale Electorale Indépendante se chargera denrayer les fraudes et les irrégularités commises au cours des opérations électorales . Le système de bulletin unique peut être institué chez nous comme cela était le cas dans beaucoup de pays africains pour empêcher les achats de voix en échangeant les bulletins de vote contre monnaie sonnante et trébuchante.
Le MFM en appelle à la vigilance et à la détermination de la population pour dénoncer les dysfonctionnements de la démocratie et faire régner la justice et léquité. Lengagement responsable du Peuple tout entier déterminera les perspectives de développement du pays pour le nouveau millénaire.
LE COMITE DIRECTEUR M.F.M
Le Président National
MANANDAFY Rakotonirina